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 Ecriture masculine, féminine, asexuée ?

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Gavroche
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MessageSujet: Ecriture masculine, féminine, asexuée ?    Ven 24 Avr 2015 - 10:11

Coucou

J'ai cette question qui se pose depuis quelques mois dans ma tête suite à plusieurs propos que j'ai croisé ici et sur Caféine et suite à mes expériences de lecteur et d'auteur.
La question - pour essayer de bien la formuler - ça serait : quelle est l'influence de l'identité sexuelle de l'auteur sur son écriture (style, mais aussi thèmes abordés, caractéristiques des personnages...) ? Ou au contraire, n'y a-t-il aucune différence réelle ? L'écriture a-t-elle un sexe en gros ?

Vala, qu'en pensez-vous ?  
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Bleue d'Hélix
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MessageSujet: Re: Ecriture masculine, féminine, asexuée ?    Ven 24 Avr 2015 - 12:19

Les perceptions du monde sont aussi nombreuses qu'il y a d'humain, qu'ils naissent dans la peau d'un homme ou d'une femme. Peut-on faire des généralités et dire que les femmes ressentent autrement, que les hommes ont un autre rapport aux mots, que les textes des uns et des autres peuvent se distinguer à leur seule lecture ? Je ne le pense pas.
Il serait d'ailleurs intéressant d'organiser un exercice de ce style, un thème, une administratice, les participants ne dévoilent pas leur identité ensuite, dans un premier temps, chacun classe dans la colonne "homme" ou "femme" chaque texte puis, dans un deuxième temps, après révélation du tableau par l'administratrice, mettrait en face de chaque texte un nom de la liste des participants. Il serait bien qu'au moins une dizaine des habitants du forum participent.
Chacun, chacune écrit sans se poser la question "ça fait trop fleur rose ou pas assez viril" normalement, la vie construit nos mots, nos rencontres, notre éducation, nos lectures, nos adaptations au monde que nous connaissons, nos rébellions d'enfants, d'adolescents, de maintenant, nos rêves, nos colères et nos peurs, les exercices de Jé aussi puisqu'il y a des règles.
Intéressante ta question Gavroche.
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MessageSujet: Re: Ecriture masculine, féminine, asexuée ?    Ven 24 Avr 2015 - 13:24

J'aime l'idée qu'apporte Bleue. Ça pourrait être super intéressant.

J'avoue ne m'avoir jamais posé la question. D'emblée, je serais porté à dire oui, que l'écriture à un sexe. Mais je pense, en réalité, que c'est faux. Naturellement, peut-être, on serait mené à écrire comme une fille ou comme un gars. Mais je pense que cela, ne s'applique pas à tous ou, si on se force un peu, on pourra écrire comme un gars ou comme un fille et en bout de ligne, je crois que notre écriture peut être asexuée. Mais naturellement, pour moi en tout cas, je crois que j'écris comme une fille et qu'on le sent bien parce que j'aime écrire ainsi. Peut-être que ça dépend aussi de l'histoire, de ce qu'on veut lui insuffler. Le livre que je lis présentement est un bon exemple, je trouve. Je croyais que c'était un homme (parce que le personnage est un homme, parce qu'il n'y a pas beaucoup de personnages féminins, parce que c'est un univers plus sombre et plus masculin, etc.) qui écrivait et pourtant, c'est une femme.

Bon, je ne suis peut-être pas clair, j'ai encore les idées ensommeillées...

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MessageSujet: Re: Ecriture masculine, féminine, asexuée ?    Ven 24 Avr 2015 - 20:52

C'est vrai que c'est une question super intéressante. Je me souviens qu'on l'avait abordée sur le forum, et ça m'avait un peu interpelée d'entendre l'expression "écriture virile" parce que je voyais pas trop ce que ça pouvait vouloir dire, concrètement. Honnêtement, je ne pense pas que ça fasse une grosse différence sur le style de la personne.
Après, peut-être un peu sur les thèmes, je ne sais pas. À partir du moment où la société a des attentes différentes vis-à-vis des hommes et des femmes, sur les comportements "socialement acceptables", ça me semble normal qu'on l'intègre plus ou moins aussi dans l'écriture. Mais j'en ferais pas une généralité non plus.

L'atelier est faisable, ça vous plairait ?
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MessageSujet: Re: Ecriture masculine, féminine, asexuée ?    Ven 24 Avr 2015 - 20:54

Moi oui, Élodie Very Happy

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Bleue d'Hélix
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MessageSujet: Re: Ecriture masculine, féminine, asexuée ?    Ven 24 Avr 2015 - 21:38

Absolument Élodie. L'idéal serait d'avoir à peu près le même nombre de femmes que d'hommes, je ne suis pas forcément pour la parité des sexes puisque ce n'est pas le sexe qui détermine le genre à mon idée mais cela rendrait l'exercice plus proche d'une expérience plus réaliste.
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Gavroche
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MessageSujet: Re: Ecriture masculine, féminine, asexuée ?    Sam 25 Avr 2015 - 13:55

Merci de vos réponses !

En fait j'ai vu le commentaire de l'écriture virile, et j'ai aussi trouvé ça intéressant (d'ailleurs je pense que virile serait à prendre par rapport à ce que ça suppose de brutalité plus qu'à une question de genre).
Puis l'interview Justine Niogret que je cite ici :
Citation :
Je ne fais pas de différence entre les personnages féminins et masculins. Ils me viennent comme ils sont, à l’intérieur, dans leur caractère. Il n’y a pas de corps. À un moment, il faut bien les poser sur le papier, alors un sexe vient, mais si on pouvait écrire au neutre, c’est ce que je ferais. Pour moi, le genre n’a aucune importance. Comme la sexualité et la couleur de peau, d’ailleurs ; nous sommes des gens, point. Je m’entends d’ailleurs très mal avec ceux qui se réclament à corps et à cris d’un genre ou d’un groupe qu’on ne choisit pas.

Un seul personnage a eu immédiatement un genre ; Gueule de Truie. Lui, c’était obligatoire qu’il soit un homme. Et pourtant, c’est le personnage dont j’ai été le plus proche, qui me ressemble le plus. Comme quoi, dans ma tête, ça ne change rien.

Pour parler encore de cette histoire de sexe, on me dit souvent que j’écris comme un homme, ce qui est à la fois drôle et triste ; c’est quoi, écrire comme un homme ? Qu’est-ce que ça sous-entend ? Écrire comme une femme, mais en mieux ? En plus intéressant ? En général, quand on me dit ça, que j’écris comme un homme, c’est ce que la personne voudrait exprimer ; « les femmes écrivent chiant. » C’est quand même assez pauvre, comme réflexion. Du coup, c’est quoi, écrire comme une femme ? Qu’est-ce qu’on doit faire, pour être une femme qui écrit comme une femme ?

On me pose très souvent cette question, et on s’attend à ce que je parle des femmes, du rôle des femmes, de la place des femmes. Qui que vous soyez, si vous voulez être quelque part et si vous n’y êtes pas encore, et bien allez-y avec vos petits pieds et votre saine colère contre les frontières prédéfinies. N’attendez pas qu’on vous donne une place, qu’on vous reconnaisse le droit de. Faites. Point. Moi, je suis au clair avec cette histoire de genre, et c’est ça qui est drôle ; ça en révèle plus sur le lecteur que sur moi. Chien et Bréhyr sont fortes et cassées, mais Gueule de Truie aussi, Saint Roses aussi ; mais eux, on en parle pour autre chose. Dans le même genre, on imagine que tous mes personnages sont blancs, mais si ça se trouve, la moitié d’entre eux est noire. Qui sait ? Qui fait attention à ça ?

Je suis à moitié pas d'accord avec elle du point de vu de mon expérience de lecteur et d'auteur.
Déjà, poésie à part, mais quand j'écris une histoire -ce qui est une activité... nocturne - je me suis rendu compte que je suis spontanément attiré par des personnages féminins. Et je me suis posé des questions là dessus : pourquoi ? par rapport à quoi ça me parle ? est-ce que ça revient au même finalement ? Et j'ai trouvé que non, ça revient pas au même d'avoir un personnage féminin et masculin pour moi. C'est différent, pas mieux pas pire mais différent, les choses ne veulent plus dire exactement la même chose. Parce qu'on est des animaux sociaux et que oui, les attentes sont différentes que l'on soit un homme ou une femme. Après je pense savoir aussi pourquoi je me sens plus sensible aux personnages féminins mais on est pas là pour me psychanalyser  What a Face
Et ensuite j'ai lu Carole Martinez et je me suis rendu compte que l'écriture pouvait parler très clairement des sexes et de leurs différences dans les thèmes qu'elle aborde mais aussi dans ses images, dans le traitement sans qu'il n'y ait une histoire que "ce que les femmes écrivent n'est pas intéressant", tout au contraire. Ce qui était vraiment drôle c'est je me suis senti plusieurs fois "du mauvais côté de la barrière" en lisant le Cœur cousu. Mais c'était pas une mauvaise expérience loin de là. Au contraire je pense que c'était une de mes meilleures expériences parce que ça demandait de changer complétement de soi pendant la lecture, d'accepter de se laisser derrière, accepter une très grande proximité avec l'autre. Bref, c'était intéressant.

Après une écriture masculine ou féminine c'est pas une question de sensibilité pour moi, tout le monde est sensible mais pas sur la même chose. Et le style je pense est plus affaire de sensibilité personnelle que de généralités de genre.
Je ne pense pas qu'il faille nier les différences qui peuvent exister dans le rapport à l'écriture entre les sexes, mais je pense qu'il faut savoir voir au delà et qu'un bon bouquin doit pouvoir parler au lecteur quelque soit son sexe, que l'empathie soit possible avec tous les personnages quoi.
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MessageSujet: Re: Ecriture masculine, féminine, asexuée ?    Sam 10 Oct 2015 - 13:53

Je viens de tomber sur cette citation, et j'ai trouvé qu'elle illustrait bien cette question :

“C'est une grave erreur que de parler d'écriture féminine ou masculine. Il n'y a que des écritures tout court et plus elles sont androgynes mieux ça vaut.”
Nathalie Sarraute

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Ninsuka
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MessageSujet: Re: Ecriture masculine, féminine, asexuée ?    Sam 10 Oct 2015 - 15:45

L'écriture colle à la personnalité de la personne. Et notre personnalité découle de notre conditionnement, qui est EXTREMEMENT porté sur notre sexe. Aujourd'hui beaucoup de choses avancent pour décoller personnalité et genre, et c'est tant mieux !
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'GF
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MessageSujet: Re: Ecriture masculine, féminine, asexuée ?    Mar 31 Mai 2016 - 18:59

Curieusement, si je peux poursuivre ce vieux débat ( 2015 ).

Curieusement lorsque j'écris de la sexualité, comment dire... j'écris au masculin. C'est-à-dire, que j'écris du point de vue de l'homme sur le corps de la femme. Son regard sur elle, son toucher sur elle.
C'est soudainement un homme qui écrit lorsque j'écris la sexualité. C'est automatique, je n'écris jamais le corps de l'homme, je ne chante jamais le corps de l'homme, mais celui de la femme. Ça doit être les hormones mâles en moi qui prennent le pas sur ma propre sexualité !

Ou autrement j'écris au neutre comme souvent dans mon écriture.

Et pratiquement tout mes poèmes sont conjugués au masculin ou au neutre.

À suivre... à partir de quel genre écrivez-vous la sexualité ?
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MessageSujet: Re: Ecriture masculine, féminine, asexuée ?    Mar 31 Mai 2016 - 22:11

[nb : par avance, désolée pour le pavé, j'ai un peu craqué ]

Ah mais tu fais bien de faire ressortir ce topic des profondeurs : je ne l'avais jamais vu, et il me passionne déjà *w* (merci 'GF!)

Déjà, j'aurais tendance à dissocier le fait d'écrire "féminin/masculin/neutre" et le fait d'écrire la sexualité. C'est sans doute une déformation due à mes études, mais j'ai tendance à rapprocher les expressions "écriture masculine / écriture féminine" de la question de l'auteur : Est-ce que, si on est une femme, on écrit d'une manière différente (dans le style, dans les thèmes etc.) que si on est un homme? La réponse évidente est : "j'en sais fichtrement rien" xD (comment ne pas faire avancer le débat, bonjouuuuur *baff*)
L'exemple le plus troublant que j'ai sous la main, actuellement, est le programme de l'agrégation de lettres de 2017 : roulements de tambour, IL Y A UN AUTEUR FEMME AU PROGRAMME (sans déconner, ça doit arriver une fois tous les quarts de siècle) ! Et pas n'importe qui : la grande, la géniale, l'érudite, la merveilleuse, l'incroyable Christine de Pisan (objectivi-quoi? Ça se mange?). C'est un auteur du XIVe siècle, femme de lettres, veuve et mère de trois enfants, ayant préféré la carrière littéraire à un nouveau mariage pour assurer sa subsistance (choix ô combien courageux dans une société où le fait de prendre la parole en public par le biais de l'écriture était l'apanage des hommes). A cette époque, publier (et non pas écrire, puisque pas mal de femmes écrivent lettres et poésies) c'est une affaire d'hommes (et ça le sera encore de l'époque de George Sand !). La question, du coup, pour Christine, c'est : doit-elle cacher ou exhiber son statut de femme dans ses écrits? Elle le cache dans certains (ses traités d'éducation et de théologie, notamment, parce que non, elle ne s'est pas contenté d'écrire de la poésie ou du théâtre sous le manteau comme ses paires féminines) où elle prend un point de vue surplombant, assez neutre, sans faire référence à son genre : en somme l'auteur s'efface au profit de sa matière. A l'inverse, dans sa poésie (cf. des ouvrages comme ses Cent Ballades et La Cité des Dames) elle exhibe sa condition féminine, et surtout sa condition de femme indépendante. Dans l'une de ses ballades, elle rhabille les hommes pour l'hiver en disant "Seulette suis et seulette veux être, sans compagnon ni maître" BAM !
Et donc, dans l'ouvrage au programme de l'agreg, Le Dit du Duc des vrais amants, Christine dit qu'elle prête sa plume à un homme (le Duc) qui lui a dicté ses mésaventures amoureuses : toute l'histoire est donc rédigée du point de vue de l'homme, et l'on sait tout de ses tourments à lui, mais rien de la Dame. Cette mise en place est tout à fait habituelle de ce genre d'écrit (Froissart dans la Prison Amoureuse et Guillaume de Machaut dans le Voir Dit, à la même époque, font la même chose : point de vue masculin sur la relation amoureuse) sauf qu'elle inclue mille variantes dans son texte. Elle donne par exemple une supériorité littéraire à la femme (les pièces qu'elle compose et que l'homme lit sont de meilleures facture et de formes réputées plus complexes que celles que l'homme lui compose en retour ; de même, c'est la femme qui initie l'échange de lettres) ; elle insère aussi à la fin de son récit une coda lyrica (c'est à dire un recueil de chansons et de poèmes) qui se répondent en alternance : une poésie par l'homme, une par la femme, et l'on peut voir dans cette coda toute l'érudition de la femme qui fait plein de variations sur l'écriture poétique à la mode au 14e et qui sature ses poésies de références littéraires et érudites lorsque l'homme ne fait que redire tout ce que ses prédécesseurs ont déjà dit de façon très convenue). Et il me semble, du coup, que cet ouvrage de Christine pose la question de l'écriture féminine et masculine : les deux voix narratives et lyriques ont des enjeux différents : l'homme raconte son histoire, il est la voix narrative et actuelle derrière laquelle l'auteur s'efface. A l'inverse, la femme, qui n'intervient que très ponctuellement, permet la création d'une distance littéraire, et montre au lecteur que tout ce récit qui se donne pour vrai n'est qu'au final un exercice de lettres fait par une femme qui prétend écrire aussi bien (sinon mieux) qu'un homme.

(pardon pour le pavé sur Christine, je suis intarissable sur la littérature médiévale ! Promis, je me soigne... enfin, j'essaie !)

Il me semble que la question de l'écriture des femmes ou l'écriture des hommes est à dépasser comme nous y invite la citation de Nathalie Sarraute indiquée par Heresy, mais je pense qu'on peut aussi jouer lorsqu'on écrit de "caractéristiques féminines ou masculines" dans ses textes. Et je suis assez d'accord avec GF sur le fait que le thème de la sexualité soit une bonne occasion de s'interroger là dessus ^^ (ou même le genre des persos comme l'évoquait Gavroche plus haut, d'ailleurs avec l'interview de Justine Nigoret)

Personnellement, pour les genres de mes persos, ça varie. Certains sont d'abord des caractères qui prennent corps faute de pouvoir écrire au neutre, mais d'autres, en revanche, tiennent leur genre comme un étendard à part entière : le genre peut-être un moteur ou un frein en raison des idées reçues, et certains de mes persos en bénéficient ou en font les frais (par exemple Corentin, un jeune homme carriériste et brillant bénéficie de l'"autorité" que lui confère sa nature d'homme dans une société contemporaine encore fortement marquée par l'imaginaire patriarcal ; à l'inverse, Elise, dans le même roman, est reléguée dans son couple au second plan et sert - pendant un bref temps - de faire-valoir à son cher et tendre, parce que c'est l'idée reçue que l'on a de la femme qui soutient les élans carriéristes de son compagnon ; inutile de dire que ce modèle là tient trois chapitres avant de péter en menus morceaux, et de permettre aux personnages de repenser leur identité en dehors des idées reçues liées au genre). Et niveau sexualité... ma foi, que dire si ce n'est que je suis plus sensible à la beauté du corps féminin qu'à celle du masculin (ça ne m'empêche pas d'écrire tout type d'histoire d'amour, par contre ^^)? Les très rares scènes charnelles que j'ai écrites étaient lesbiennes en revanche, je suis incapable de me projeter dans la psyché masculine xD

'fin voilà, passionnant ce topic en tous cas, merci à Gavroche de l'avoir lancé *.*
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MessageSujet: Re: Ecriture masculine, féminine, asexuée ?    Mar 28 Mar 2017 - 17:14

Coucou!
Il y a plein de réflexions intéressantes ici! Si je aborder la question sous un angle différent, je crois qu'il y a une «tendance» entre la façon de raconter des hommes et celle des femmes. C'est vraiment d'ordre général et ça ne se limite pas à ça, mais, ayant étudié en bande dessinée, j'ai pu observer cette petite différence. Dans mes cours, j'ai remarqué que la façon de traiter les sujets était différente chez les gars et les filles de la classe, peu importe le sexe des personnages et les thèmes abordés, les filles avaient cette tendance à la description d'ambiance, de ressentis et de tout ce qui est intériorisation et les gars allaient plus facilement vers l'action et les faits. Le média BD avec ses codes narratifs servant plus facilement les scènes d'action, permet de faire ressortir ces nuances. (Ça explique sans doute pourquoi cette forme d'écriture colle davantage aux hommes qu'aux femmes. Elle explique probablement en partie pourquoi il y a si peu de femme bédéistes... ) C'est peut-être une piste pour répondre en partie à la question de Gavroche.

Ceci dit, quand j'ai remarqué ça, j'ai cherché à développer l'autre aspect (plus axé sur l'action) et à tendre vers un équilibre entre les côtés intérieur-extérieur quand j'écris. Je crois que ça donne des choses plus riches si on arrive à équilibrer notre côté masculin-féminin en écriture. C'est un peu (très) réducteur comme théorie, mais je crois que vous comprenez l'idée... et je ne tiens pas à en faire une thèse! Wink

Autrement dit, je cherche toujours à mettre un peu de Yin et un peu de Yang dans mes histoires, sans pour autant chercher à écrire «comme un gars».
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MessageSujet: Re: Ecriture masculine, féminine, asexuée ?    Dim 6 Aoû 2017 - 19:17

C'est intéressant, ce que tu dis sur le secteur de la bande dessinée ! C'est un "monde" que je ne connais pas trop - enfin, je lis pas mal de BDs, mais je me renseigne rarement sur les auteurs.

Je ne sais pas si des études de sociologie ont été faites là-dessus, mais il me paraîtrait logique que certains traits de caractère valorisés comme étant "féminins" (d'après les attentes sociétales), typiquement le calme, la douceur, la contemplation, une lecture plus émotionnelle des gens, aient été intégrés par les autrices, de sorte qu'ils ressortent dans l'écriture de manière inconsciente ? Je ne sais pas si je suis claire. L'idée qu'en fait, depuis des siècles la femme est cantonné dans son rôle essentiellement émotionnel (que ce soit dans le couple, l'élevage des enfants...) et que du coup voilà, c'est quelque chose d'assez peu remis en question. Je ne sais pas, en vrai je n'ai aucune certitude sur la question.

Quand tu parles de Yin et de Yang, il faudrait en fait peut-être simplement que la société arrête de les associer aux genres, parce qu'ils ne sont pas forcément liés. Pour le coup, Justine Niogret, dont Gavroche cite l'interview, écrit d'une manière assez violente, très axée sur l'action. C'est de la Fantasy assez sombre. Peut-être que c'est ce que les gens veulent dire quand ils lui disent qu'elle écrit "comme un homme". Mais quand on utilise ces expressions "comme un homme" / "comme une femme", souvent on reprend à son compte d'énormes clichés sur les rapports entre les genres.

En bref, je pense que beaucoup de femmes sont capables d'écrire l'action, la violence... mais peut-être que certaines ne le font pas aussi ostensiblement parce que ce n'est pas socialement valorisé pour une autrice ? Enfin voilà, c'est toujours difficile de voir à quel point on est influencé par les carcans dans lesquels la société nous fout.
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